Nouvelle percée dans la lutte contre le paludisme

L’éradication mondiale du paludisme pourrait être un pas de plus, selon The Independent. Le journal a rapporté que les scientifiques ont identifié un mécanisme clé dans la façon dont les parasites causant le paludisme attaquent les globules rouges et se propagent à travers le corps.

La recherche largement rapportée a révélé comment une gamme de parasites paludéens exploitent une protéine appelée basigin sur la surface des cellules sanguines, en utilisant la protéine pour identifier et infecter les cellules. Les scientifiques ont pu montrer que plusieurs types de parasites du paludisme utilisent la basigine de cette manière, et que le processus peut être bloqué pendant les expériences en laboratoire. Si tous les parasites du paludisme utilisent ce mécanisme, alors les résultats pourraient avoir des conséquences importantes, car ils pourraient permettre le développement d’un seul médicament ou vaccin qui bloque toutes les souches de l’infection.

À l’instar des résultats récents d’un essai de vaccin contre le paludisme, cette recherche pourrait déboucher sur une véritable avancée dans la lutte contre le paludisme, qui touche des centaines de millions de personnes dans le monde. Cependant, il ne s’agit que d’un premier pas vers la mise au point d’un traitement antipaludique universel, et la technologie devra encore faire l’objet d’un développement et d’une recherche approfondis avant de pouvoir déterminer si elle offre un traitement sûr et efficace.

D’où vient l’histoire?

L’étude a été réalisée par des chercheurs du Wellcome Trust Sanger Institute de Cambridge et d’autres institutions au Japon, au Sénégal et aux États-Unis. La recherche a été financée par le Wellcome Trust.

La recherche a été publiée dans la revue scientifique à comité de lecture Nature._ L’histoire a été largement rapportée, les médias fournissant généralement de bons comptes rendus de la recherche et des informations de base utiles sur le paludisme. The Independent a fourni une description particulièrement approfondie et précise de la recherche.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Le paludisme est causé par un type d’organisme parasitaire appelé plasmodium qui peut entrer dans la circulation sanguine lorsqu’un moustique mord une personne. Après que les plasmodes se soient emparés du foie de la personne, ils commencent à chercher et à entrer dans les globules rouges. Une fois à l’intérieur des globules rouges, les plasmodes commencent à se multiplier jusqu’à ce qu’ils finissent par faire éclater les cellules sanguines, ré-entrant dans la circulation sanguine pour infecter plus de cellules sanguines.

Cette étude en laboratoire a été conçue pour identifier une protéine requise pour l’infection palustre qui était commune à toutes les souches du parasite Plasmodium falciparum, le parasite responsable du paludisme le plus mortel. Les chercheurs ont d’abord identifié une protéine candidate, puis l’ont testée pour déterminer s’il était essentiel ou non d’avoir une infection palustre. Ils ont ensuite cherché à déterminer si manipuler cette protéine pourrait empêcher les parasites d’envahir les globules rouges.

Cette recherche a utilisé des techniques de laboratoire standard pour identifier les protéines cibles, tester leur interaction avec le parasite et déterminer si la protéine était essentielle pour l’infection palustre.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Pour infecter une personne avec le paludisme, les parasites doivent pénétrer dans leurs globules rouges. Pour ce faire, ils doivent d’abord reconnaître la cellule en interagissant avec les protéines à sa surface. Jusqu’à présent, la recherche a identifié plusieurs protéines différentes qui permettent cela, mais aucune qui est utilisée par toutes les souches du parasite. Cela a rendu le processus de développement d’un traitement unique pour prévenir l’infection difficile.

Les chercheurs ont identifié des protéines qui apparaissent à la surface des globules rouges ou qui sont sécrétées par celles-ci, et ont criblé ces protéines afin de sélectionner celles qui interagissent avec le parasite.

Les chercheurs ont sélectionné une protéine de globule rouge candidate appelée basigine. Ils ont ensuite effectué une série d’expériences pour voir s’ils pouvaient interférer avec la liaison des globules rouges et des protéines parasitaires, et si cela pouvait empêcher les parasites d’infecter les cellules. Ces expériences comprenaient des tentatives pour bloquer physiquement l’interaction des deux protéines en introduisant d’autres molécules qui se lieraient aux protéines à la place. Les chercheurs ont également utilisé des techniques génétiques pour empêcher l’interaction entre les globules rouges et les parasites.

Les chercheurs ont effectué des expériences sur des souches de parasites produites en laboratoire, ainsi que sur des souches obtenues sur le terrain.

Quels ont été les résultats de base?

Les chercheurs ont découvert que la protéine basigine des globules rouges interagissait avec une protéine parasite essentielle.

Lorsque les chercheurs ont introduit une forme de basigine qui n’était pas attachée aux globules rouges, ils ont découvert que l’invasion parasitaire des cellules était empêchée de manière «dose-réponse»; en d’autres termes, plus ils utilisaient le basigin flottant librement, moins les parasites envahissaient les globules rouges. Cette prévention a été observée sur plusieurs souches du parasite. Un résultat similaire a été trouvé lorsque les chercheurs ont introduit des protéines d’anticorps qui se lieraient aux protéines cibles des globules rouges.

Lorsque les chercheurs ont répété leurs tests en utilisant des parasites provenant du champ, ils ont obtenu des résultats similaires à ceux observés chez les parasites développés en laboratoire.

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs concluent qu’ils ont identifié une seule protéine des globules rouges qui est essentielle pour l’infection palustre, indépendamment de la souche parasitaire spécifique de Plasmodium falciparum testée. Ils ont dit que l’utilisation de quantités modestes d’anticorps pour se lier à cette protéine empêchait les parasites d’envahir les globules rouges. Ils ont dit que l’identification de cette protéine « pourrait fournir de nouvelles possibilités d’intervention thérapeutique ».

Conclusion

Les chercheurs semblent avoir identifié une protéine humaine qui est la clé de la capacité des parasites du paludisme à infecter les globules rouges. Cela pourrait s’avérer une découverte extrêmement importante dans la lutte mondiale contre le paludisme, une maladie qui touche des centaines de millions de personnes et tue environ un million de personnes chaque année. Les connaissances acquises grâce à cette recherche pourraient être orientées vers de futures thérapies antipaludiques, voire des vaccins.

Cependant, il est important de replacer cette recherche dans son contexte, car elle n’en est qu’à ses débuts: l’étude a identifié un mécanisme utilisé par le parasite du paludisme, mais les chercheurs devront encore concevoir et optimiser les thérapies possibles basées sur ces résultats abstinence. Ceux-ci auraient alors besoin de tests chez les gens pour s’assurer qu’ils sont sûrs à utiliser dans un environnement réel.

Pendant de nombreuses années, la prévention du paludisme s’est concentrée sur des interventions environnementales et physiques telles que des moustiquaires et des insecticides pour empêcher les moustiques de mordre les gens et de les infecter de parasites responsables du paludisme. Les recherches sur les thérapies et les vaccins pour lutter contre les parasites eux-mêmes ont souvent été frustrées par les multiples souches du parasite qui causent la maladie et par les différentes façons dont elles envahissent les cellules.

Cependant, cette étude semble avoir identifié une cible prometteuse pour la recherche future qui pourrait s’appliquer à la plupart des souches du parasite. Avec les nouvelles récentes d’un vaccin antipaludique potentiel, il semble que ce soit un pas en avant prometteur dans la lutte contre le paludisme, qui reste l’un des plus grands problèmes de santé au monde.