Logement et santé

Il est connu depuis des siècles que le logement et la santé sont inextricablement liés. Cependant, la plupart des preuves à ce jour comprennent des études transversales, qui peuvent seulement évaluer la relation entre le logement et les résultats de santé plutôt que de fournir des preuves convaincantes qu’un meilleur logement améliore la santé. Une revue systématique des études d’intervention (réalisée en 2001) a révélé que l’amélioration du logement peut entraîner de légères améliorations de la santé physique et mentale autodéclarée et une réduction de certains symptômes, mais des effets néfastes sur la santé sont également possibles1. et les études robustes sont rares. Dans le BMJ de cette semaine, Howden-Chapman et ses collègues rapportent un vaste essai contrôlé randomisé en Nouvelle-Zélande visant à déterminer si l’isolation des maisons anciennes augmente les températures intérieures. La pertinence de ces études pour la prise de décision en santé publique est soulignée dans le rapport Wanless du gouvernement britannique, qui examine la rentabilité de prendre des mesures pour améliorer la santé de l’ensemble de la population et réduire les inégalités de santé. .3 Le rapport soulignait l’absence quasi totale de données probantes sur l’efficacité et le rapport coût-efficacité des interventions sociales et de santé publique. Le rapport a également identifié la nécessité de recueillir de meilleures preuves des effets des interventions dans le secteur du logement. Le procès de Howden-Chapman et ses collègues répond directement à ce besoin. Les résultats suggèrent que l’amélioration de l’environnement intérieur peut améliorer la santé autoévaluée (odds ratio ajusté 0,50, intervalle de confiance à 95% 0,38 à 0,68), moins de visites chez un médecin généraliste (0,73, 0,62 à 0,87), moins de jours de congé (0,62, 0,46 à 0,83) et moins de jours d’arrêt (0,49, 0,31 à 0,80). En plus de l’utilisation d’un plan d’essai contrôlé randomisé, les points forts de l’étude comprennent 75% des participants d’origine et une taille d’échantillon finale importante (> 3000). Dans un domaine où les études sont de petite taille (rarement plus de 200 participants) et où le taux de rétention est rarement supérieur à 50%, le financement, l’engagement personnel et l’expertise sont susceptibles d’expliquer en grande partie le succès de cette étude. L’absence de constantes répercussions sur la santé détectées dans les études prospectives prospectives antérieures peut s’expliquer en partie par la variation de l’intervention réelle fournie et le potentiel variable de bénéficier de l’investissement. Dans l’essai néo-zélandais, un peu moins de 30% du groupe d’intervention a reçu l’ensemble complet des interventions pour diverses raisons, telles qu’une pièce inadéquate ou des détritus dans l’espace du toit empêchant l’installation de l’isolation du plafond.2,5 les programmes peuvent apporter des améliorations indépendamment des besoins individuels au départ. Dans une récente étude contrôlée non randomisée sur la régénération des quartiers axée sur le logement, environ deux tiers des résidents n’ont signalé aucun problème de logement au départ, limitant ainsi le potentiel d’amélioration des conditions.6 Les petites tailles des études précédentes empêchent souvent une analyse plus poussée des effets des sous-groupes. dans la mesure des améliorations. L’essai néo-zélandais, cependant, peut être assez important pour permettre l’étude d’un effet dose-réponse, en tenant compte de la gamme des améliorations apportées.Les mesures de chauffage et d’efficacité énergétique peuvent améliorer l’environnement intérieur et réduire la pauvreté énergétique (lorsqu’un ménage consacre plus de 10% de son revenu au carburant). La combinaison d’une plus grande chaleur et de la réduction des dépenses des ménages peut être un mécanisme clé par lequel des effets sur la santé se produisent. Des études antérieures indiquent que des conditions de vie plus chaudes et moins humides peuvent améliorer la santé, mais elles suggèrent également que les avantages pour la santé disparaissent si le coût du logement augmente.1 Plusieurs études évaluant l’impact sur la santé des améliorations du chauffage sont presque terminées. Ces études et l’étude néo-zélandaise suggèrent que les améliorations du chauffage pourraient être les plus prometteuses pour le développement d’une base de données probantes pour éclairer la politique de logement sain. Ce nouvel essai met l’accent sur les avantages d’investir dans le logement, qui ne sont pas limitées à la santé, car des réductions du travail et des absences scolaires ont également été constatées. Cette preuve et les nouvelles données provenant d’autres études sur le logement devraient éclairer les politiques qui lient l’investissement dans le logement aux impacts sur la santé.